Parent ou non?

On arrive tous un jour à un âge crucial où l’on doit choisir si on veut devenir parent ou non.
Tous les débats entourant l’allaitement en public m’ont profondément fait réfléchir sur ma situation et ont encore une fois accentué les doutes dans mon esprit. J’ai déjà, de base, une personnalité assez changeante. Passant rapidement d’un extrême à l’autre, toujours balancée entre l’envie de liberté et l’instinct maternel. 

Je ne blâmerai jamais les autres, surtout pas la société au grand complet, pour mon ambivalence. Mais je déplore tout de même qu’on nous projette sans cesse des images contradictoires. D’un côté le cliché de la famille parfaite: deux enfants, gentil chien, joli bungalow en banlieue. Cliché tellement sur-utilisé qu’il en devient usé sur les bords. Les formats à l’épicerie ou les forfaits voyage sont faits pour la famille nucléaire parfaite. D’un autre côté la télévision, la radio, les médias sociaux et les publicités nous bombardent d’images de célibataires heureux, beaux, jeunes et en forme, fêtant sans lendemain, libres et ne devant rien à personne.
Il est parfois mal vu de n’avoir pas d’enfants passé 27 ans, mais il peut être tout aussi mal vu de prendre encore des brosses dans les bars les jeudis soirs, passé cet âge. Dans quel indestructible moule sommes-nous supposés nous incruster docilement? Dilemme d’une génération, probablement. Par contre, il y en a pour qui le chemin est plus clairement tracé dès un jeune âge.
Dans mon for intérieur je serai constamment déchirée entre mon horloge biologique et mon syndrome de Peter Pan.

Certains jours, les témoignages que je lis ou vois n’aident pas la future maman en moi : parents aux yeux cernés qui ne sont pas sortis depuis des jours, corps de femmes aux marques laissées par la grossesse (vergetures et j’en passe), vie sexuelle quasi-nulle, papas découragés avec un air qui semble dire « je n’aurais jamais eu d’enfants si ma blonde n’avait pas tant insisté ». 


Je ne prétend pas que tout ça représente parfaitement la réalité. Je suis capable de ne pas me laisser influencer au point de faire de l’anxiété la nuit. Je peux tout autant me laisser toucher par la candeur, la naïveté des enfants que par l’amour inconditionnel que porte une mère pour ceux-ci. L’important, c’est que j’aurai tout de même des enfants, j’en ai toujours voulu malgré la peur, le doute et le jugement des autres. Malgré le monde un peu fou dans lequel on vit et dans lequel mes enfants grandiront. Je veux des enfants pour de vrai et, je crois, pour les bonnes raisons. Pas parce que ça répond à une certaine norme, à une pression sociale ou par simple égoïsme.

N’en reste pas moins que, dans un monde et à une époque où nous devrions être plus que jamais libres de nos choix personnels, nous faisons face à des dilemmes moraux, des jugements de valeurs et des débats fondés sur des choix strictement personnels. Chacun devrait être libre de faire le choix de procréer ou non. Sans pression, sans jugement. Après tout, fonder une famille c’est l’histoire de toute une vie.

Un jour ou l’autre, la balance finit nécessairement par s’immobiliser d’un côté. J’ai moi-même toujours voulu des enfants et j’ai fini par me dire que, de toute façon, si l’on attend le contexte et la situation parfaite, on peut attendre éternellement.

Après avoir rencontré la bonne personne et trois ans d’amour, nous avons fait le saut. Je ne saurais dire si c’est une question de chance, mais après seulement cinq mois d’essais, à 29 ans, je suis tombée enceinte de mon premier enfant. L’instinct maternel a finalement eu raison de l’éternelle adolescente qui se battait au fond de moi. Et je crois que garder son cœur d’enfant ne peut que contribuer à fonder une famille saine, dans une ambiance amusante et agréable.

Avez-vous déjà douté à savoir si vous alliez devenir parent ou pas?

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