Un jour, mon fils perdra sa mère

Je n’avais jamais vraiment pensé à ça.

Jusqu’à ce qu’on perde ma belle-mère il y a quelques mois. La douleur ressentie par mon amoureux à ce moment-là, toute la tristesse qui m’a envahie, m’ont tout à coup fait réaliser que je perdrais la mienne un jour.

Une mère restera toujours une mère. De même qu’un enfant, peu importe son âge, restera à jamais l’enfant de sa maman.

Quelques mois plus tard, j’ai malheureusement expérimenté la chose avec ma maman. À son chevet, attendant que son dernier souffle la libère de ce corps qui n’en pouvait plus, j’ai regardé mon fils.

En mettant au monde cet enfant, jamais il ne m’était venu à l’idée qu’il ressentirait un jour la peine et la souffrance que je vis aujourd’hui.

Crédit : Julie Rochon

Ma mère, jusqu’à la fin, aura voulu nous rassurer, nous réconforter, nous dire que tout était beau, que ça se passerait bien. Comment a-t-elle trouvé la force de nous rassurer? Aurais-je cette force moi-même?

Je suis une émotive, un grand livre ouvert, comme si ce n’était pas assez. Il m’est difficile de cacher mes inquiétudes, tout comme mes joies. Je suis faite ainsi.

Saurais-je me contenir pour ne pas alarmer mon fils, une fois le temps venu? Du haut de ses presque 3 ans, je le vois déjà à mon image; d’une sensibilité à couper au couteau. Ce sera difficile.

Je ne veux pas y penser, mais ces derniers temps c’est plus fort que moi. Alors que la mort rôde autour de nos familles depuis quelques mois, je me demande ce qui lui arrivera « si » je pars un jour. Enfant unique, j’espère qu’il sera assez vieux pour lui-même avoir une famille qui pourra le soutenir, l’aider à passer au travers.

Des frissons parcourent mon corps juste à y penser.

On met des enfants au monde, on les aime plus que nous-mêmes. On les cajole, les console. On est à la fois un parent et un ami. On souhaite être proche d’eux, les voir souvent, en vieillissant. En les aimant. Toujours.

Ma douleur sera la sienne. À sa façon il vivra mon départ. À ma façon je lui ferai aussi comprendre que je l’aimerai toujours et que je serai à jamais avec lui. Dans son coeur et dans sa tête.

Mieux vaut par contre ne pas y réfléchir maintenant. Ce moment me fait surtout réaliser de profiter de tous les moments (simples ou spéciaux) que j’aurai avec lui, de les emmagasiner dans ma mémoire et, surtout, de lui inculquer l’importance de la famille.

Parce qu’au fond, c’est ce qu’il y a de plus vrai et de permanent. L’amour et les amitiés passent, mais la famille reste toujours ce qu’elle est; un abri pour vivre ses joies autant que ses peines, sans jugement.

Un amour véritable. Et des souvenirs à l’infini.

Julie Rochon

La fille derrière la création de Maman, boulot, dodo, c’est moi. Écrire est la chose que j’aime le plus au monde, après ma famille bien entendu. Ce blogue est projet inespéré dans ma vie et j’y laisse mes états d’âmes, coups de cœur et coups de gueule concernant la famille, mon rôle de maman, la vie professionnelle et bien plus encore. Je suis aussi formatrice et accompagnante Visibilité Web à Julie Rochon | Visibilité Web.

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One Reply to “Un jour, mon fils perdra sa mère”

  1. […] première fête, chaque premier événement sans elle est difficile. Et même si, grâce à fiston, nous continuons de vivre, de rire et de jouer, à l’intérieur de moi il y a un grand […]

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