Être en couple? Quelle drôle d’idée!

Je réfléchissais à tout ça alors que je faisais la grasse matinée à côté de mon chum qui ronflait. Je réfléchissais à l’absurdité d’être étendue là, dans le même lit que lui, à fixer le plafond. Parce que oui, se mettre en couple est naturel chez l’humain, non seulement pour le besoin de reproduction dicté par notre côté animal, mais aussi parce que l’on cherche spontanément à être accompagné dans sa vie quotidienne.

Sauf que, quand on y pense, se mettre en couple c’est quand même drôle aussi. On choisit quelqu’un parmi les milliards de « quelqu’uns et quelqu’unes » de la planète et on se dit « Hey toi, ça te tentes-tu qu’on chill ensemble?»!

À ce moment de ma réflexion, je me suis tournée vers mon chum et je me suis dit de façon très rationnelle : « C’est lui. C’est cet homme que j’ai choisi pour partager ce lit, cette chambre, cette maison. Pour partager beaucoup de temps dans la vie de tous les jours. ». Je trouve que ça a quelque chose d’absurde et de beau à la fois. À partir du moment où l’on décide de s’engager complètement, on commence à vivre ensemble. On mange ensemble, on fait des projets, on se promène en voiture, on achète un chat.

Dormir ensemble, c’est ce qui me fascine le plus : deux humains étendus sur un même lit dans un état d’inconscience. Il y a des mains et des coudes qui se retrouvent dans des faces, des pieds qui se frottent, du soufflage de mauvaise haleine dans le nez, des ronflements, des cuillères qui se forment. Il y a comme un abandon de soi, un lâcher prise la-dedans. Et je trouve ça beau. 

Le sommeil nous rend vulnérable. Et se montrer vulnérable devant quelqu’un, c’est pas toujours évident.

Si on exclu l’aspect charnel, un conjoint c’est avant tout un meilleur ami. La personne devant qui on finira inévitablement par avoir l’air fou, l’individu avec qui on peut porter nos chandails laids avec des trous dans les coudes, celui ou celle qui rira de nous quand on aura un bouton sur le nez, mais qui nous aimera quand même. 

C’est fascinant de voir certaines personnes passer 20, 30 voire 40 ans à partager un quotidien. Quand je pense à ma grand-mère qui a été mariée à mon grand-père pendant 52  ans et qui s’ennuie encore de lui, alors qu’il est décédé depuis 20 ans, je trouve ça stupéfiant! Surtout pour nous qui vivons dans une société où l’obsolescence est reine.

Crédit : weesun/pixabay


Partager un quotidien, c’est non seulement aimer, c’est aussi se dévoiler à l’autre et à soi-même. S’ouvrir, se montrer dans toute son authenticité. Et parmi toutes ces journées passées avec l’être aimé, il y en a où l’on ne fait rien du tout, où l’ordinaire prend tout son sens. Juste être avec l’autre, juste exister en présence de l’autre. Ça aussi, ça a quelque chose de touchant et d’inexplicable à la fois. 

Voilà pourquoi aimer ce n’est pas seulement la passion. C’est construire quelque chose de spécial, au fil des jours, dans le plate comme dans le merveilleux. 

Développer une complicité, bien connaître quelqu’un, c’est un travail de tous les instants. Ça demande de la patience, de la persévérance, de la tolérance. Ça demande de dormir ensemble dans le silence et l’abandon, tout en s’y sentant sainement en sécurité. 

C’est pourquoi m’investir à moitié ne m’a jamais intéressé. Des « Je ne sais pas trop si on est ensemble… » ou des « On se voit seulement la fin de semaine… », au stade où j’en suis dans ma vie, ça n’avait aucun sens, aucun intérêt. On ne construit pas d’avenir et de famille solide sur un demi don de soi. 

Chaque chose en son temps et à chacun son rythme. Le mien se mesure maintenant par les journées du quotidien, ponctuées de moments hors de l’ordinaire.

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