Mon enfant est-il… différent?

Maman, boulot, dodo - Mon enfant est-il... différent?

Être maman, c’est accepter de s’en faire pour un million de choses : un petit bobo, une grosse peine, un « Je t’aime plus, maman! » suivi 5 minutes plus tard par le plus gros câlin du monde…

Quand ce ne sont que de petits problèmes comme ça, ce n’est pas trop terrible.  Mais quand on va chez le pédiatre et qu’on entend prononcer les mots « trouble du spectre de l’autisme », c’est différent.  Ces mots font peur.  On ne veut pas les entendre.

« On va le mettre sur une liste d’attente pour une évaluation. », voilà ce qu’on m’a dit alors que mon coco n’avait que 15 mois.  Et depuis, c’est l’attente de l’appel pour le rendez-vous.  Attente qui, soit dit en passant, peut s’éterniser durant 2 à 4 ans selon les régions de notre belle province.

Une attente difficile à vivre au quotidien.  Quand je regarde mon fils, je me dis qu’il présente certains signes de cette maladie.  Il a parlé très tard.  Il a une grande hypersensibilité au niveau de la bouche, il est agressé par certains sons et beaucoup de choses passent par son odorat (il tient à sentir mon déodorant tous les matins, par exemple).  De plus, il fait des fixations sur des objets.  Tous les bidules à l’effigie d’Olaf l’attirent, et ce depuis environ un an et demi.  C’est très long pour un enfant de deux ans, selon son médecin…  Et il ne faut jamais changer sa routine, sinon gare à la crise!

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Crédit : Sylvia Fontaine

Mais en même temps, bien des enfants présentent des comportements similaires certains jours.  Moi-même j’ai quelques traits que l’on retrouve chez des personnes autistes et je ne le suis pas pour autant!

Toutefois, le plus difficile pour moi est de voir certains proches le regarder différemment depuis que je leur ai annoncé cette possibilité.  Comme s’il avait maintenant une étiquette dans le front.

Il existe autant de manifestations autistiques que de personnes autistes.  Ce n’est pas parce que certains enfants ne pourront peut-être jamais se débrouiller par eux-mêmes que mon fils est dans la même situation.  Mais j’ai des proches qui ont bien du mal à le comprendre.

Une personne m’a même demandé si je regrettais d’avoir eu ce quatrième enfant maintenant que je voyais toutes les difficultés qu’on devait traverser… Voyons donc!  Comment pourrais-je le regretter?  Il a des défis à relever mais il me permet de grandir avec lui.  Et je ne l’échangerais pour rien au monde.

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Crédit : Pixabay

Un enfant différent, c’est un cadeau du ciel.  Il nous force à repousser des limites que l’on croyaient immuables.  Il nous oblige à voir les choses différemment.  Je dis souvent que chaque enfant nous est prêté pour nous enseigner quelque chose.

Mon premier m’a permis de découvrir que j’étais capable de bien m’occuper d’un enfant, même si j’en doutais parfois.  Mon deuxième m’a appris à lâcher prise et à moins m’en faire parce que je n’aurais pas survécu autrement à cette petite tornade qui, à deux ans, avait déjà escaladé le frigo et m’avait appelé pour que je l’aide à sauter en bas.  Mon troisième m’a appris à prendre mon temps.  Sérieusement, je n’ai jamais vu un enfant aussi zen!  Il peut regarder un ver de terre entrer dans son trou pendant une bonne vingtaine de minutes!  Et mon dernier m’a appris tellement de choses en deux ans que je ne serais pas en mesure d’en dresser une liste.

Mon coco n’a pas encore été évalué. Mais au fond, qu’est-ce que ça va changer?  Si le diagnostic tombe, il va quand même demeurer mon petit trésor, mon petit rayon de soleil.  Je ne le verrai pas différemment derrière son étiquette.

Et vous, comment vivez-vous au quotidien avec le diagnostic d’un enfant différent?
Comment réagissez-vous face à un enfant différent (ou à ses parents)?

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