#Mamantrepreneure | Kim Durocher – Artiste illustratrice

Mamantrepreneure Kim Durocher Illustrations | Maman, boulot, dodo

Quand j’ai parlé de mon projet de parler de la conciliation travail/famille en présentant des mamans qui avaient réussi leur coup, j’ai senti un enthousiasme généralisé, autant du côté des entrepreneures à qui j’en ai glissé un mot que des lectrices sur le blogue.

On commence donc cette série de portraits de #mamantrepreneures québécoises avec la généreuse Kim Durocher, de Kim Durocher – Artiste illustratrice! Déjà fan de son travail (si vous êtes accro à Etsy comme moi vous reconnaîtrez son travail!), j’en ai profité pour lui poser des questions sur son travail, ce qui l’a amené à se lancer en affaire et bien sûr concernant la conciliation travail/famille que son rythme de vie impose.

Serez-vous inspirée vous aussi par toutes ses réalisations?

Parle-nous un peu de toi! Quel a été ton parcours académique et professionnel avant de te lancer en affaire?

Après avoir passé tout mon parcours scolaire à dessiner dans les marges de mes cahiers et les agendas de mes amies, c’est naturellement que j’ai poursuivi mes études en art plastique au Cégep du Vieux-Montréal, puis en Art visuel à l’Université Concordia. J’ai obtenu mon BFA avec une majeure en Studio Art en 2006. J’ai ensuite cumulé plusieurs formations complémentaires en entrepreneuriat des arts, en animation de loisir culturel et dans diverses techniques de création.

Ta passion c’est…

L’art et à plus grande échelle la création et la créativité en général.

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Le lieu de toutes les créations | Crédit : Kim Durocher – Artiste illustratrice

Ton médium préféré pour créer c’est… et pourquoi?

J’utilise beaucoup la peinture acrylique et les techniques mixtes pour sa versatilité, ainsi que l’aquarelle pour sa fluidité et ses palettes de couleurs vives. Par contre, l’interdisciplinarité est mon terrain de jeu favori. Dépendamment des projets, j’explore sans contraintes de nouveaux médiums et de nouvelles techniques, toujours à la recherche du meilleur moyen d’exprimer et de transmettre une idée ou un concept.

Comment ta passion s’est transformée en entreprise? Qu’est-ce qui t’a poussée à faire le saut?

Je n’ai jamais vraiment eu à faire le saut. Après mes études j’ai continué mon travail de recherche et de création et mon cheminement d’artiste en art visuel s’est fait naturellement. J’ai saisi des opportunités, j’ai fait des erreurs, il y a eu des périodes mortes. J’ai essayé des choses vraiment éloignées du domaine des arts, je me suis cherchée beaucoup. Mais la création m’a toujours rattrapée au passage. J’ai fait mon chemin un pas à la fois, souvent un peu à l’aveugle. Je peux cependant affirmer qu’il y a eu des personnes et des événements clefs qui ont contribué à renforcer mon esprit entrepreneurial et m’ont poussée à sortir des sentiers battus pour créer une entreprise à mon image. J’ai erré beaucoup car je ne trouvais pas vraiment de modèles d’affaires auxquels m’identifier près de moi.

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De beaux imprimés colorés | Crédit : Kim Durocher – Artiste illustratrice

Tu es maman, tu travailles beaucoup et ton conjoint est sur la route (à la maison seulement 2 jours par semaine), comment vis-tu la conciliation travail/famille?

C’est un travail de chaque instant et on est en éternelle adaptation. Ni l’un ni l’autre n’a un horaire stable. Au niveau de l’organisation c’est à recommencer chaque semaine. Mais chacun fait un travail qui le passionne et notre fille s’adapte très bien à notre mode de vie un peu marginal, ce qui compte pour beaucoup. Depuis un an, la petite mademoiselle de 4 ans fréquente la garderie deux jours par semaine. Ce sont maintenant mes deux journées de création intensives en atelier.

Le reste de la semaine je me concentre sur les tâches que je peux effectuer avec elle; préparer des commandes, répondre à des courriels, gérer la boutique en ligne, étiqueter des dizaines de produits, marcher jusqu’au bureau de poste. Le tout entrecoupé par deux bricolages, une sortie au parc, une partie de soccer, trois repas et deux collations! J’ai aussi la chance d’avoir mes parents qui ne sont pas très loin et qui sauvent souvent ma santé mentale en s’occupant de ma fille un après-midi où j’ai un échéancier serré à respecter. 

Ta journée typique ressemble à quoi?

Généralement je réponds à mes courriels et messageries Facebook et Etsy le matin en buvant mon café. C’est aussi à ce moment que je programme des publications sur mes réseaux sociaux et sur mon blogue. Le lundi, je fais toujours mon planning de la semaine et le jeudi et vendredi je travaille en atelier. Je réserve les tâches qui demandent plus de concentration à mes soirées en solo puisque mon conjoint n’est pas là. J’en profite donc pour travailler le soir après la routine du dodo; je fais de la rédaction ou de la recherche sur internet, de la comptabilité et de la paperasse. Ça me libère du temps avec ma fille pendant la journée et en famille pendant le week-end.

Dans un monde idéal je ne travaillerais jamais la fin de semaine car ce sont nos seules journées en famille. Mais comme les salons d’artisans et les événements et ateliers en art visuel sont souvent ces jours-là, on tente d’équilibrer en planifiant des activités familiales avec mes déplacements professionnels et en choisissant avec soins les événements auxquels je participe. Le reste du temps je l’occupe à entretenir la maison et le jardin, à jouer avec ma fille… et à essayer de ne rien oublier!

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Ses tableaux originaux | Crédit : Kim Durocher – Artiste illustratrice

À quel point ta famille a-t-elle un impact dans tes décisions d’affaire?

Elle est à la base de ce que je fais. Autant ma fille est ma plus grande inspiration, autant ma famille est mon moteur de réussite. Ça veut parfois dire de devoir faire des choix crève-cœur, car ce n’est juste pas possible de tout faire. Cette année j’en suis arrivée à un point où j’ai eu à choisir entre réduire mes engagements professionnels ou augmenter les jours de fréquentation de garderie de ma fille. Choisir de participer à tous les événements intéressants qui m’étaient proposés, quitte à ne plus avoir de vie de famille, ou apprendre à dire non.

J’ai choisi, dans un cas comme dans l’autre, de prioriser ma famille pour le moment. Ce n’est pas toujours évident, parfois je sais que je passe à côté de projets susceptibles de me procurer beaucoup de visibilité. Mais à chaque fois je me demande ce qui est le plus important maintenant, aujourd’hui.

Mes décisions auraient pu être différentes et tout aussi légitimes. Se réaliser en tant que personne est essentiel pour être heureux et être heureux est essentiel pour fonctionner dans une famille. Mais j’apprends à prendre des décisions en fonction du court terme. Qu’est-ce qui est mieux pour nous trois maintenant, tout en gardant à l’esprit une image de l’évolution de mon entreprise et de notre famille à long terme. L’an prochain ce sera l’école, il y aura d’autres opportunités, j’aurai d’autres occasions de faire des choix qui seront peut-être différents.

Qu’est-ce qui te plaît le plus de ton travail de créer? Qu’est-ce que ça t’apporte d’être en lien avec ton public lors de tes différentes activités, ateliers, etc.?

La création c’est avant tout une manière de m’exprimer, de raconter des histoires, de donner vie à des personnages et des univers. Je ne cacherai pas qu’il y a un volet très thérapeutique à la création; il y a souvent plusieurs degrés de lecture à mes œuvres. Elles sont colorées et attrayantes, pas tellement intimidantes. Mais si une personne s’intéresse un peu à ma démarche, elle découvrira souvent des images et des symboles qui réfèrent à des sujets plus profonds. Les gens sont libres de recevoir mon travail comme ils le désirent.

Ce qui m’importe le plus est de toucher les gens. De voir que ce que je crée a un impact sur la vie de personnes que je ne connais pas. De réaliser que mes créations les accompagnent dans leur quotidien, qu’elles font partie de leur vie. Qu’elles sont offertes comme des cadeaux précieux qui marquent des événements importants. Peu importe que je sois en train de produire un grosse exposition, que je dessine des illustrations pour une nouvelle collection de produits ou que je conçoive un atelier créatif, ce qui m’importe le plus c’est l’expérience que les personnes vont en retirer. Dans ma démarche j’ai aussi comme objectif de démocratiser l’art visuel et de le rendre accessible. Mon travail s’adresse à tout le monde et c’est essentiel pour moi qu’il en soit ainsi.

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De si jolis étuis à crayons | Crédit : Kim Durocher – Artiste illustratrice

 

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Des pochettes trop parfaites | Crédit : Kim Durocher – Artiste illustratrice

Comment as-tu fait le choix des produits sur lesquels tu imprimes tes œuvres?

Mes premiers produits ont étés les coussins créés à partir de mes tableaux. À cette époque je voyais cela comme un simple produit dérivé, une manière de pouvoir donner une deuxième vie à des tableaux déjà vendus tout en donnant une chance aux gens qui n’ont pas les moyens d’acheter un original de se procurer mon travail. Puis, j’ai commencé à avoir des demandes pour des designs pour enfants. Comme j’étais moi-même plongée dans le monde de l’enfance avec ma fille, l’idée a fait son chemin. C’est à ce moment-là que j’ai renoué avec ma passion pour l’illustration, délaissée après l’université, et que j’ai commencé à produire des collections qui existaient par elles-mêmes.

Pour ce qui est du choix de produits, j’essaie de ne pas trop m’éparpiller. Je tente de trouver des produits qui sont intéressants, pratiques et accessibles. Je garde à l’esprit que ce sont souvent des objets qui sont offerts en cadeau ou que l’on s’offre à soi-même. Il faut aussi que je sois en mesure de contrôler la production à 100%. Puis j’essaie de faire fabriquer au Québec ou au canada le plus possible, d’encourager les entreprises locales, de faire des partenariats avec d’autres entreprises d’ici. Souvent j’y vais avec mon feeling.

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Il y a aussi des tatouages temporaires qu’on adore! | Crédit : Kim Durocher – Artiste illustratrice

 

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Ses oeuvres imprimées sur de beaux coussins | Crédit : Kim Durocher – Artiste illustratrice

Ton travail est présentement exposé à la Galerie Abyss à Montréal. Tu as participé à plusieurs expositions par le passé, comment as-tu réussi à faire ta place dans le monde des galeries d’art?

Je ne cacherai pas que c’est un travail de longue haleine. Après mes études j’ai produis beaucoup, beaucoup. Je me suis monté un dossier d’artiste, puis je me rappelle que j’ai décidé de faire une action par jour pour faire avancer les choses. J’étais abonnée à toutes les infolettres de toutes les associations et regroupements en art visuel. Je répondais à pratiquement tous les appels de dossiers que je recevais. J’ai évidemment essuyé beaucoup de refus, mais sur le lot j’ai décroché quelques expositions dans des cafés, puis avec des agences qui m’ont fourni assez d’expérience pour que mon CV soit remarqué par des galeries et d’autres lieux de diffusion.

Pendant ce temps mon style a évolué et je n’ai jamais cessé de me former, autant dans le domaine de la création que dans celui de l’entrepreneuriat. J’ai lu des livres, des blogues, j’ai suivi des formations en ligne, j’assiste à des conférences. Je saisis toutes les opportunités d’apprendre et de mettre à profit mes connaissances dans mon travail.

Tu es dans la création, tu donnes des ateliers, tu fais du coaching, de l’animation en art visuel, tu as une boutique en ligne et tu collabores à plusieurs sites comme blogueuse et chroniqueuse. Comment arrives-tu à tout faire?

La vérité c’est que je n’y arrive pas. Je suis humaine et je m’en mets parfois un peu trop sur les épaules. Ce qui me sauve, c’est que je suis une personne très organisée et que dans mon domaine les événements sont souvent planifiés plusieurs mois (voire des années!) d’avance. Je peux donc organiser mon temps comme il faut. Puis si je donne l’impression de tout faire, c’est surtout parce que j’ai beaucoup de difficulté à me limiter. Je suis une hyperactive de la création et je finis souvent par m’épuiser moi-même, alors je dois m’obliger à bien réfléchir avant de m’embarquer dans un nouveau projet.

Enfin, je choisis mes batailles. Ça arrive que je sois dans le jus et que ma fille écoute (trop) de films pendant la semaine. Ça arrive que le ménage ne soit vraiment pas ma priorité et ça arrive aussi que ma fille soit malade et que je réponse à mes courriels avec deux jours de retards. Il y a aussi des événements que je saute volontairement, des vernissages où je brille par mon absence. J’essaie d’éviter de culpabiliser, même si souvent je panique un peu beaucoup. Alors je finis par me demander si toutes ces choses sont réellement si graves. 99,9% du temps, la réponse est non.

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Des leggings mère-fille? Oui!! | Crédit : Kim Durocher – Artiste illustratrice

Qu’est-ce qui t’inspire au quotidien?

La nature, l’enfance, l’imaginaire, la littérature, ma fille, la vie.

Quand tu regardes tout le chemin parcouru, tu es fière de…

D’avoir réussi à créer quelque chose qui me ressemble, sans compromis.

Quel conseil donnerais-tu aux mamans qui aimeraient se lancer en affaire?

Je pense qu’il faut être réaliste et ne pas confondre passion et travail. Une entreprise dans un domaine créatif ça fait rêver, être son propre patron peut aussi sembler bien attrayant. Mais il faut être capable de voir ses propres forces et ses faiblesses. On peut être une artiste extrêmement talentueuse et être une terrible femme d’affaire ou vice-versa. Souvent les gens nous disent à quel point on est chanceux d’avoir réussi. La vérité c’est que dans bien des cas la chance a peu à voir avec la réussite. Il faut travailler fort et avec acharnement pour se faire une place.

On doit avoir ses propres idées, les développer, les peaufiner. Être prêts à recevoir la critique, prendre des risque, essuyer des échecs. Se relever, s’adapter, se remettre en question, toujours. On doit être capable de gérer des périodes de grand stress suivies de périodes mortes.

Mon conseil pour celles qui veulent tenter le coup : Entourez-vous bien, n’essayez pas d’être ce que vous n’êtes pas. Fixez vos propres buts. Écrivez votre propre définition du succès.

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Des kits créatifs à faire chez soi | Crédit : Kim Durocher – Artiste illustratrice

Qu’est-ce qui s’en vient pour toi dans les prochaines semaines/prochains mois?

Cet été c’était une saison d’expositions, j’ai donc un peu mis de côté les autres sphères de mon travail pour me concentrer sur la création. Je présente l’aboutissement du projet « L’essentiel est invisible » à Cowansville en duo avec l’artiste Emmanuelle Breton jusqu’au 25 août. Jusqu’en septembre, deux de mes tableaux font partie de l’exposition internationale « 12X12 » avec une soixantaine d’autres artistes à la Galerie Abyss de Montréal. Puis finalement j’exposerai en solo une exposition qui marque mes 10 années de création avec l’exposition « Petits récits et grandes histoires » à St-Jean Sur Richelieu, du 21 août au 1er octobre.

Cet automne, il y aura de nouveaux points de vente en région qui tiendront ma ligne de produits. Plusieurs nouveautés feront aussi leur apparition sur la boutique Etsy. Je prévois participer à quelques salons pendant la période des fêtes de fin d’année et j’ai des projets en branle qui sont encore classés top secret!

Ton prochain rêve à réaliser?

Faire une résidence d’artistes, illustrer un livre, ouvrir un atelier physique, ou voyager en famille? Je reste ouverte à toutes les possibilités et je fais confiance à l’univers!

Où est-ce qu’on peut te trouver sur le Web et les réseaux sociaux?

Site Web / Etsy / Blogue / Facebook / Instagram

 

Un gros merci à Kim Durocher pour son temps et toutes les belles photos incluses dans ce billet.

 

Julie Rochon

La fille derrière la création de Maman, boulot, dodo, c’est moi. Écrire est la chose que j’aime le plus au monde, après ma famille bien entendu. Ce blogue est projet inespéré dans ma vie et j’y laisse mes états d’âmes, coups de cœur et coups de gueule concernant la famille, mon rôle de maman, la vie professionnelle et bien plus encore. Je suis aussi rédactrice Web à Julie Rochon | Rédaction et réseaux sociaux.

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