Apprivoiser la dyslexie

Apprivoiser la dyslexie | Maman, boulot, dodo

Apprendre à lire est une chose qui me semblait si simple à faire. C’était avant que j’accompagne mon fils dans cet apprentissage.

L’ironie du sort a fait que moi, Josée, diplômée en études françaises, en bibliothéconomie et en traduction, fervente lectrice et amoureuse des mots, donne naissance à un fils dyslexique.

Je ne m’étais jamais demandé ce que je ferais si jamais un de mes enfants était dyslexique. Non. Je n’avais aucune idée des difficultés de certains enfants à apprendre à lire. Je visualisais, de façon très idéalisée, mes enfants comme de grands et d’excellents lecteurs.

Mais, la vie m’aura donné l’immense défi d’inspirer mon fils à aimer lire, malgré tout.

Apprivoiser la dyslexie

La dyslexie s’apprivoise et elle nous rend plus riches et plus reconnaissants de la chance que nous avons de savoir et d’aimer lire. La dyslexie est encore mal connue. C’est ce que je constate quand j’en parle. 

Il s’agit d’«une difficulté persistante à repérer, comprendre et reproduire les symboles du langage écrit. Elle a pour conséquence de troubler profondément l’apprentissage de la lecture et de l’orthographe. Elle affecte aussi la compréhension des textes et a des répercussions sur l’ensemble des acquisitions scolaires.» (Source : Mieux comprendre la dyslexie : un guide pour les parents et les intervenants. Dre Évelyne Pannetier)

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Crédit : Pexels / Karolina Grabowska

Il ne s’agit donc pas d’un simple retard d’apprentissage, mais bien d’un trouble réel qui persistera à l’âge adulte. Toutefois, le soutien quotidien et constant de la famille et des professionnels (orthophoniste, ergothérapeute, psychologue, etc.), une grande réserve de patience, de persévérance, d’amour ainsi que des aménagements adéquats dans la classe feront en sorte que l’enfant dyslexique pourra bien sûr apprendre à lire et suivre le rythme. Et même aimer lire.

La dyslexie vient rarement seule. Qui dit dyslexique dit aussi dysorthographique.  L’enfant dyslexique a généralement de grandes difficultés à bien orthographier les mots et à construire des phrases correctement. La dyspraxie, un trouble de la coordination, et la dysgraphie, un trouble de l’écriture, peuvent aussi accompagner la dyslexie. Bref, c’est pas simple, pour l’enfant et les parents.

Les impacts de la dyslexie

Outre l’impact évident de la dyslexie sur le rendement scolaire, il y a l’impact social et psychologique de ce trouble sur l’enfant.

L’estime de soi est très fragile chez un enfant dyslexique. Il doit constamment se heurter à ses propres incapacités et essuyer des remarques négatives de la part de ses camarades ou même des adultes. Malgré ses efforts, il n’y arrive pas, les résultats ne sont pas là! C’est très dévalorisant pour la confiance d’un enfant de constater ses échecs. Il doit se faire à l’idée qu’il apprend différemment et que sa persévérance sera sa plus grande force.

Le parent face au diagnostic

J’ai reçu le diagnostic officiel de dyslexie de mon fils en janvier 2016. Aucune surprise de ce côté-là, simplement une confirmation de ce que je savais déjà.

Pourtant, même si c’était attendu, il n’en demeure pas moins que l’acceptation ne se fait pas du jour au lendemain. Cela voulait dire que ça ne passerait pas, que pendant toute sa scolarité, il aurait à travailler plus fort que les autres et à poursuivre sa route avec persévérance et même résilience.

Mais je réalise que sa dyslexie ne le définit pas; elle le rend plus fort face aux difficultés qu’il rencontre. Il est persévérant et a dû travailler très fort pour suivre le rythme. Il devra continuer à le faire, encore et toujours.

Mon fils m’inspire à aller plus loin, à me dépasser et à être une meilleure mère. Il y a quelques semaines, il m’a même dit : « J’irai jusqu’au bout du combat! »

 

Si votre enfant est dyslexique, comment avez-vous abordé la situation?

8 Replies to “Apprivoiser la dyslexie”

  1. Merci Josée pour ce magnifique texte qui d’écrit très bien la dyslexie et les impacts sur notre jeune et sur la famille … Merci des infos aussi très bien présentés pour expliquer la dyslexie et les troubles connexes. Vraiment, un gros merci !!

    1. Merci pour ce beau message! Je suis touchée!!

  2. Mon fils est dyslexique et dysorthographique j’ai pris le diagnostique en deux temps d’abord la dyslexie à laquelle je m’attendais étant moi même dyslexique et qui m’a été présenter comme un trouble de l’orientation!puis deux ans après la dysorthographie et la aussi je m’y étais préparer en lisant sur le sujet.Ce que je n’avais pas vue ce sont les dix ans d’orthophonie du cp a la 3e là où on m’avait parlais de 6mois pour une légère dyslexie …sic….je n’étais pas préparée au refus de prise en charge de certains enseignants en primaire et au refus du scolaire par mon fils.Je suis sortie de ces 10ans épuisée et ce malgré le soutien d’un orthophoniste genial qui m’a aide pendant toutes ces années a faire face.Aujourd’hui mon fils et en apprentissage et la encore sa pseudo lenteur pose soucis il faut que je le rassure ,que je l’encourage car son employeur bien qu’au courant ne prend pas en compte cet handicap .Ce n’est pas que la lecture et l’écriture qui sont mis à mal mais également l’organisation,la lenteur,et l’estime de soi qui pose soucis dans ce type de handicap!La prise en compte des dys reste a mon sens encore trop peu envisagée!A mon sens même si le dys doit s’adapter je pense que l’on y gagnerai si le monde autour du dys pouvait l’accompagner dans cette adaptation ce qui n’est pas le cas aujourd’hui!

    1. Merci d’avoir partagé votre histoire! Je suis d’accord avec vous que les défis vont au-delà de la lecture et écriture. Comme vous le dites, ça touche l’organisation et l’estime!! Je vous souhaite bon courage et on poursuit le combat! Merci encore! 💜

  3. Je crois que le pire est quand même, le manque de tact de certains enseignants et leurs manque de formation en général face à tout ça…

    Enfin pour nous ça vraiment été ça le plus dur

    1. Merci! C’est vrai, on s’attend à ce que les enseignants connaissent bien la dyslexie, mais ce n’est pas toujours le cas, malheureusement…

  4. Bonjour,
    mon fils de 9 ans le vit mal..il refuse cet état car pense être handicapé. J’en parle beaucoup avec lui pour dédramatiser. IL a cependant, une excellente mémoire ( ce qui n’a pas aider à poser le diagnostic car il mémorisait les lectures en CP! ) et travaille très bien, sa maitresse a fait des adaptations afin qu’il puisse être au mieux dans la classe et pour les devoirs. Au delà de la dyslexie, c’est son comportement qui est le plus dérangeant.
    il parle fort, n’accepte aucune idée qui ne soit pas la sienne au départ, rabaisse systématiquement son frère de 2 ans de moins, crie pour se faire entendre, sa chambre est un vrai dépotoire mais ca ne lui pose pas de problème.., il a toujours quelque chose à ajouter quand on s’adresse à quelqu’un d’autre que lui.
    bref, au quotidien, c’est difficile de toujours comprendre, calmer, patienter, raisonner, négocier…. mais je reste là, à ses côtés, à le soutenir et accepter cette différence qui en fait un enfant atypique !

    1. Merci! Vous l’exprimez très bien : les enfants ont du mal à l’accepter. Ce sont des enfants atypiques, ça c’est vrai! Ils résonnent différemment. Mon fils aussi a eu une passe difficile au niveau de son comportement, maintenant c’est mieux. Bon courage!!

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