Laissez-mes jumelles tranquilles!

Poussette double couverte de housses d'hiver

Étant mère de jumelles, j’ai l’habitude de me faire arrêter sur la rue, au magasin et un peu partout par des gens fascinés par le doublon de jolis bambins.

Pendant les premiers 8 mois après la naissance de mes petites princesses, je le tolérait et il arrivait même que cela me réjouisse. Se faire féliciter et se faire dire qu’on a de jolies petites filles, ça fait plaisir (surtout qu’elles me ressemblent!).

Mais tout a basculé lorsqu’elles ont eu environ 9 mois : j’ai atteint ma limite. Le vase déborde. Les patates sont chaudes.

Je n’en peux plus de me faire dire : « Oh! Il y a deux bébés! ».

Bien entendu! C’est une poussette double. Je ne me sers pas du deuxième siège pour mon ami imaginaire.

Je me fais toujours poser les mêmes questions et généralement dans le même ordre :

1. Ce sont des jumeaux ou des jumelles?

Elles portent le même chandail sur lequel on peut lire « C’est moi la reine ici ! » Elles sont deux. Ce sont des jumelles!

2. Ça s’est bien passé (l’accouchement)?

Ouf! Voulez-vous vraiment une réponse honnête? Je n’ai pas envie de partager les détails de mes péripéties dans trois hôpitaux, au département des grossesses à risques et à la néonatalité. Alors je répond simplement « oui ».

3. Ça doit être du travail?

Non en fait elles aident beaucoup! Hier encore elles ont passé la balayeuse et vidé le lave-vaisselle pendant que je prenais un bon bain relaxant.

Ces questions sont suivies de divers commentaires insipides. Du moins, quand c’est la troisième fois qu’on se fait arrêter en une heure, tout commentaire semble l’être.

Laissez-mes jumelles tranquilles! | Maman, boulot, dodo
Crédit : Marie-Pierre Renaud

Des rencontres intéressantes, d’autres moins!

Bien entendu, il arrive à l’occasion que je tombe sur quelqu’un qui a quelque chose de vraiment intéressant à partager. Comme ce monsieur qui m’a dit récemment être lui-même jumeau et que sa mère a eu 6 couples de jumeaux, dont 4 de ces couples à l’intérieur d’une période de 37 mois. Imaginez ici une expression faciale de surprise, de choc, d’incrédulité, etc. Parfois, je croise aussi des parents de multiples avec qui j’échange des regards complices.

Toutefois, d’après mon expérience personnelle, les chances de rencontrer des personnes intéressantes sont beaucoup moins élevées que celles de croiser des personnes qui veulent voir les bébés quand elles sont couvertes parce qu’il fait froid, qu’il pleut ou qu’elles dorment. Il faut pratiquement les fuir ces gens-là, au risque d’exposer deux jolis minois aux intempéries.

Remarquez, il y a certaines personnes que rien n’arrête et qui vont jusqu’à me dire, lorsque je continue mon chemin en leur disant que mes puces dorment : « Arrêtez! Je veux les regarder « . Ça, c’est le pire. Ce ne sont quand même pas de petites bêtes au zoo! Elles ont autre chose à faire que de vous divertir, messieurs et mesdames les passants. Ce sont des bébés occupés!

Bref : je n’en peux plus! Je vais me mettre en forme et faire du jogging plutôt que de marcher. On ne pourra plus m’arrêter!

 

Comment réagissez-vous lorsqu’on vous arrête pour regarder vos enfants?

 

Marie-Pierre Renaud

Marie-Pierre aime être débordée et faire deux choses en même temps. Elle a donc fait d’une grossesse deux coups en ayant de jolies jumelles qui ont maintenant un peu plus d’un an. Anthropologue et chercheure, elle examine la parentalité d’un regard analytique, mais elle profite surtout de sa collaboration avec Maman, boulot, dodo pour rigoler et partager ses déboires de maman de jumelles. Curieux d’en savoir plus? Découvrez son site professionnel et son compte Twitter!

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