Et si devenir entrepreneure avait fait de moi une moins bonne mère?

Et si devenir entrepreneure avait fait de moi une moins bonne mère?

Je me revois vous l’écrire, il y a un peu plus d’un an maintenant. À quel point lâcher ma job pour vivre et prendre du temps pour ma famille, suite au décès de ma mère, faisait de moi une femme et une mère comblée.

J’étais dans une bulle de liberté. C’était l’été, je me voyais redécouvrir une partie de celle que j’avais déjà été, il y a trop longtemps déjà. J’étais convaincue, à ce moment précis, que je le faisais pour ma famille, pour retrouver ma bonne humeur. Pour faire à nouveau résonner mes éclats de rire dans la maison.

Dans ma tête j’avais le scénario idéal : on se lève tous les jours à l’heure qu’on veut, on flâne en pyjama et on part pour la garderie vers 9h30 ou 10h. Après une bonne jasette de 30 minutes avec la gardienne (on s’entends bien, tsé), je revenais à la maison pour travailler sur mes projets.

1 an plus tard

Aujourd’hui, un an plus tard, fiston est plus libre, c’est vrai. Mais pas moi.

J’ai suivi le plan initial. Pourtant je suis brûlée, vidée, stressée. Je travaille le matin avant qu’il se lève, le midi je mange un bol de céréales devant l’ordi et le soir j’attends impatiemment que mes hommes aillent se coucher pour recommencer, le temps de terminer certaines petites choses qui me trottent dans la tête.

La charge de travail est juste incroyable quand on est maître de tout. Ça me frappe aujourd’hui.

J’étais déjà débordée par mes statuts de femme/mère/blonde/amie. La tranche entrepreneure, qui devait me donner un second souffle, m’essoufle.

J’aime mon travail

Trop peut-être. Il prend maintenant toute la place, tout le temps. Un petit 30 minutes de plus peut facilement devenir 3h. Je ne vois plus le temps, les journées passent à la vitesse de l’éclair.

Résultat? Ma vie passe et je ne fais que travailler.

Fiston me réclame, mon chum semble avoir lâché prise et moi je patauge, prise entre la culpabilité de ne pas être assez présente pour ma famille (si je suis là, ma tête ne l’est pas toujours) et mon ambition de réussir.

J’ai toujours une excuse; une idée géniale vient de popper, une demande de dernière minute pour un client, un projet à mettre en place pour mieux me positionner et trouver des clients plus facilement.

Égoïste, moi?

J’ai mis ma vie de côté pour me développer, pour me réaliser professionnellement. Est-ce que ça fait de moi quelqu’un d’égoïste? Peut-être.

Fiston prend avec bonheur tous les (trop rares) moments où je n’ai pas mon téléphone dans les mains, mon ordi ouvert sur la table de la cuisine ou un encore un cahier dans lequel je griffonne les millions d’idées qui me traversent chaque jour.

Chaque fois, alors qu’un moment tout simple de bonheur survient, je me dis que j’ai pris la décision de travailler de la maison pour les bonnes raisons. Sauf que je n’ai pas encore pris le temps de vivre à fond cet avantage.

Trop occupée à changer le monde, à changer mon monde.

Le blogue part tranquillement à la dérive, la job est toujours en restructuration, ma vie sociale est un trou noir (sauf sur Facebook!). Il faudra bien qu’un jour j’en vienne à la conclusion que je ne fais pas ce que ma famille et moi méritons : profiter du temps qui passe.

Il est temps que je le réalise avant qu’il ne soit trop tard.

Mouin. Du gros travail (sur moi) est à faire dans les prochains mois. Et je cherche déjà comment faire entrer ça dans l’horaire de fou que je me suis créé.

Comme quoi je ne suis pas prête de comprendre.

 

Julie Rochon

La fille derrière la création de Maman, boulot, dodo, c’est moi. Écrire est la chose que j’aime le plus au monde, après ma famille bien entendu. Ce blogue est projet inespéré dans ma vie et j’y laisse mes états d’âmes, coups de cœur et coups de gueule concernant la famille, mon rôle de maman, la vie professionnelle et bien plus encore. Je suis aussi rédactrice Web à Julie Rochon | Rédaction et réseaux sociaux.

2 Replies to “Et si devenir entrepreneure avait fait de moi une moins bonne mère?”

  1. Julie, je me reconnais dans ton message. Mais je te promets, juré craché, que tu vas y arriver. Tu es proche de voir cette lumière au bout du tunnel où tout pourra rouler, où tu pourras être en congé tout l’été, à faire seulement de la veille. Où tu pourras, si tu le souhaite, travailler que 3 jours, sans courir après l’argent. Ça s’en vient et je te promets, ça fait du bien 😉

    1. Merci Tania. ❤

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